Lettre de M. André R. Bibeau à la FQAS

Voici la lettre que M. André R. Bibeau a fait parvenir à la FQAS concernant les problèmes de la FQAS à intégrer les matières d’examens.

Lettre de M. André R. Bibeau à la FQAS

Lachine, le 28 avril 2005

À: FQAS
4545, ave. Pierre de Coubertain
C.P. 1000, succursale M
Montréal (QC) H1V 3R2
Attention: Monsieur Steve Lafontaine

Sujet: Examen plongeur classe B

Monsieur,

Vous trouverez ci-inclus l’examen plongeur classe B. Cet examen fut envoyé par Jasmine afin que j’y additionne des questions sur les tables de plongée récréatives de non-décompression PADI “de la version plane et de la version roue métrique et en impérial”.

Mais, après avoir discuté avec PADI pour leur approbation concernant cette demande de rédaction par la FQAS, sur les tables de plongée récréatives de non-décompression PADI, PADI me répond qu’il n’est pas de mon ressort d’en faire la dite rédaction. Car, je n’ai pas l’autorité d’utiliser le matériel PADI à des fins qui pourraient servir pour d’autres. Ce privilège m’est conféré à titre personnel en tant que membre PADI à part entière. C’est une question de droit d’auteur, toute association qui se respecte sait ça. Donc, vous devrez à l’avenir vous adresser chez PADI international à ce sujet. D’ailleurs, il m’ont mentionné que cette question fut déjà abordée par le passé, entre vous.

Maintenant quelques commentaires.

Selon les rapports du Coroner sur les causes d’accidents en plongée depuis certaines années révèlent que ce n’est pas par manque de connaissance en physique, physiologie ou tous autres aspects de la part des plongeurs victimes que les accidents sont survenus. Mais, surtout par un manque de jugement de la part des plongeurs victimes. Je vous donne un exemple parmi tant d’autres “…plongée sous-glace seul sans être relié à la surface… “manque de connaissance ou de jugement??? Et je pourrais allonger la liste à cet égard. Cela revient toujours à la même chose, manque de jugement.

La loi sur la sécurité qui fut demandée par le Coroner et instaurée par la suite, devait être basée en totalité sur la sécurité. Donc, votre questionnaire du plongeur de classe B devrait réfléter seulement de questions pertinentes sur la sécurité des plongeurs. La section sur la sécurité et planification du questionnaire réflète bien l’exercice, mais pourrait le faire d’une aute façon. Tout le reste n’est pas vraiment pertinent.

Où sont les questions qui traitent davantage sur l’aspect du jugement, du gros bon sens et de la logique face à la plongée sécuritaire? Certainement pas à savoir si, des piles alcalines ou carbone-zinc sont préférables en plongée en l’occurence.

Selon les rapports du Coroner, il utilise souvent les mots dans ses conclusions tel que, et je cite le Coroner: “…discipline sécurité, professionnalisme, comportements responsables, modifier l’attitude, l’approche face à la plongée, mentalité responsable, etc…”. Comme on peut le constater il n’est jamais question d’un manque de connaissances académiques, mais plutôt d’une manque de tout ce qui est mentionné ci-haut.

De plus, le Coroner et je le cite encore: “Si on s’en remet aux manuels diffusés par tous les organismes de certification, visent à façonner le comportement du plongeur et à développer à la fos sa connaissance du milieu marin, développer ses aptitudes pour y évoluer et aussi lui inculquer le sens des responsabilités et la maturité nécessaire pour qu’il apprenne à respecter les contraintes du milieu marin et à éviter les accidents…”. Comme on peut le constater, tous les organismes de certification en plongée font et continuent à faire un très bon travail depuis plusieurs années, et ne sont pas considérés comme étant en faute part le Coroner. Tout le matériel, examens, révision des connaissances, etc, sont adéquats et même plus encore. Les programmes d’enseignement sont bien fais et complets.

Donc, créer une redondance par des examens et des contrôles excédentaires, va tout simplement instaurer une situation répugnante à l’intérieur de la communauté de la plongée. D’ailleurs, tel que recommandé par le Coroner dans tous ses rapports, il est bien dit à l’article 46.15 de la loi et je cite: “…Le ministre peut habiliter un organisme à but non lucratif (la FQAS), constitué notamment pour veuiller à la sécurité des personnes qui font de la plongée subaquatique…“. Alors il est bien dit veiller à la sécurité des personnes, non pas d’être l’organisme de la suprématie en connaissance académique et habilité de plongée au Québec. C’est déjà fait depuis plusieurs années à travers tous les organismes de certification en plongée mondialement.

J’aurais une suggestion sur des examens beaucoup plus appropriés et qui répondraient mieux aux recommandations du Coroner. Ce serait plus réaliste de faire un examen en utilisant des mise en situation de plongée basées sur une réflexion de comportement et de jugement sur la sécurité en plongée. On pourrait meme prendre des situations d’accidents déja survenues en plongée (une vingtaine tout au plus), en autant que les noms et la confidentialité soient respectés, et en faire un examen basée sur la capacité de raisonnement sécuritaire de la part des futurs plongeurs/instructeurs. Je crois que la sensibilisation face a ce type d’examen aura beaucoup plus d’impact sur la sécurité pour la communauté de la plongée. A savoir meme la rendre meilleure. Je crois personnellement que ce sera beaucoup plus positif dans son ensemble.

Voici un exemple de question qui serait pertinente selon les recommandations du Coroner:

Un plongeur suivant un cours de plongeur avancé (niveau 2). Est sous la responsabilité d’un plongeur avancé certifié qui est délégué par l’instructeur de superviser l’élève sous l’eau ils exécutent une plongée de nuit sur une falaise rocheuse ou la profondeur de l’eau dépasse 90 pieds (27 metres), et qu’ils devront pratiquer l’exercice d’échange de détendeur (body breathing). De quelle manière la plongée devra être exécutée, si elle doit etre exécutée?

A- Ne pas faire confiance au plongeur avancé même s’il a reçu la bénédiction de l’instructeur.

B- Exécuter un exercice compliqué potentiellement risqué de nuit, n’est pas sécuritaire.

C- Une plongée de nuit a cette profondeur n’est pas acceptable.

D- Refuser de faire la plongée serait plus appropriée et sécuritaire a cause des conditions défavorables.

E- Toutes ces réponses sont bonnes.

Commentaires: Comportement irresponsable de la part de l’instructeur et mauvaise attitude de la part du plongeur avancé même ayant reçu la bénédiction de l’instructeur. La plongée n’aurait pas du être exécutée dans ces conditions avec une supervision inappropriée tel que: de nuit, profonde et exercice de buddy breathing en l’occurence, et de plus, même avec la surpervision adéquate d’un instructeur, ca ne se fait pas. Conséquence: deux fatalités. Ceci est basé sur un accident de plongée au Québec.

Voilà le genre de question que devrait refléter le questionnaire pour les futurs plongeurs/instructeurs du Québec. De cette facon, on touche plus l’aspect de la sécurité et du bon jugement que le Coroner chercha à implanter depuis plusieurs années par l’application d’une loi sur la sécurité au Québec.

Maintenant, pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple, il me semble que c’est ce que le Québec a toujours préconisé à tout point de vu. Mais j’aimerais citer Léonardo Da Vinci: <…Beaucoup ont fait commerce de l’illusion et de faux miracles, pour tromper l’ignorance multitude, et de plus, c’est l’ignorance qui nous aveugle et nous égare. Ouvrez les yeux, O misérables mortels…>  Je crois que nous en sommes rendu là depuis longtemps avec la FQAS.

J’espère Monsieur Lafontaine, que la FQAS, ne devrait pas outrepasser les privilèges qui lui sont prêtés seulement, voir l’article 46.23 de la loi; et rendre les examens (type de mise en situation) beaucoup plus réalistes face a la plongée récréative au Québec. Car, il ne faut pas oublier que la plongée au Québec doit demeurer agréable, plaisante et surtout jaugée de bons jugements. C’est surtout là qu’il faut mettre les efforts, non pas par des contrôles et des examens abrutissants qui décourageront les futur plongeurs/instructeurs du Québec incluant les touristes. La FQAS doit être consciente de celà.

En conclusion, Monsieur Lafontaine, tel que spécifié à la loi sur la sécurité dans les sports, l’article 46.15 paragraphe 2 et l’article 46.16, stipulent que la FQAS peut déterminer les matières d’examens. Très bien, mais, il ne faudrait quand même pas que la FQAS devienne outrancière à cet égard. Elle doit plutôt être réaliste; ce sera beaucoup plus sain pour la communauté de la plongée. Le contraire serait la mauvaise tangente à prendre en ce qui me concerne. <Beaucoup de matière a réflexion, Monsieur Lafontaine…>

Je suis sûr, Monsieur Lafontaine, que la FQAS donnera une suite logique à mes commentaires. Je l’espère merci.

Bien à vous et bonne plongée sécuritaire,

André Bibeau

Directeur de cours PADI (Course Director)

CC: L’honorable Monsieur Jean-Marc Fournier
Ministre de l’éducation du loisir et du sport

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